Le tarif d’un testament authentique est un acte réglementé dont l’émolument ne dépend ni de la valeur du patrimoine, ni de la complexité de la situation familiale du testateur. Quand on possède peu de biens, la question du prix pour un testament chez notaire mérite d’être posée autrement : ce n’est pas le coût de l’acte qui pose problème, mais l’absence de testament qui génère des frais de succession bien supérieurs.
Émolument réglementé du testament authentique : un tarif verrouillé jusqu’en 2028
L’arrêté du 28 février 2024, entré en vigueur le 1er mars 2024, fixe l’émolument du testament authentique à 113,19 € HT, soit 135,83 € TTC. Ce montant est identique dans toutes les études notariales du territoire. Il ne bougera pas avant la prochaine révision programmée au 29 février 2028.
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Cette stabilité tarifaire est rarement mise en avant. Elle signifie concrètement qu’un testateur avec un patrimoine modeste paie exactement le même prix qu’un testateur fortuné pour la rédaction de l’acte. Le notaire ne module pas ses émoluments en fonction de la valeur des biens transmis.
Aux 135,83 € TTC peuvent s’ajouter des frais annexes :
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- L’inscription au Fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) représente un coût modique de quelques dizaines d’euros, mais garantit que le testament sera retrouvé au moment de la succession.
- Des honoraires de conseil complémentaires, librement fixés par le notaire, peuvent être facturés si la situation patrimoniale ou familiale nécessite une analyse approfondie (famille recomposée, bien indivis, clause résiduelle).
- Un testament à domicile, pour les personnes hospitalisées ou à mobilité réduite, entraîne un supplément lié au déplacement du notaire et des témoins.
Nous recommandons de demander un devis écrit avant le rendez-vous. Le notaire est tenu de distinguer l’émolument réglementé des honoraires libres.

Testament olographe versus testament notarié : le vrai calcul pour un petit patrimoine
Le testament olographe, entièrement manuscrit, daté et signé par le testateur, ne coûte rien à rédiger. C’est l’argument qui revient systématiquement pour les patrimoines modestes. Mais cette gratuité apparente masque un risque financier réel au moment de la succession.
Un testament olographe non déposé chez un notaire peut être égaré, contesté ou tout simplement ignoré lors du règlement de la succession. Un testament introuvable équivaut à une absence de testament, et la dévolution légale s’applique alors par défaut, parfois à l’encontre des volontés du défunt.
Coût comparé au moment de la succession
Le dépôt d’un testament olographe chez un notaire (pour inscription au FCDDV et conservation) coûte déjà une partie du prix d’un testament authentique. Ajoutez les frais d’ouverture et de description du testament olographe au décès, et l’écart de prix entre les deux formules se réduit considérablement.
Pour un patrimoine composé d’un livret d’épargne, d’un véhicule et de quelques biens mobiliers, le surcoût réel du testament authentique par rapport à l’olographe déposé est marginal. En revanche, la sécurité juridique n’est pas comparable : l’acte authentique est quasiment inattaquable en contestation.
Frais de succession sans testament : ce que coûte réellement l’absence de dispositions
Sans testament, la succession suit les règles du Code civil. Le conjoint survivant et les enfants héritent selon des quotes-parts légales. Quand la situation familiale est simple (un couple marié, des enfants communs), la dévolution légale peut suffire.
Mais dès qu’il y a un concubin, un partenaire de PACS sans testament, des enfants de lits différents ou un proche que le testateur souhaite avantager, l’absence de dispositions testamentaires produit des effets coûteux :
- Le partenaire de PACS n’hérite de rien sans testament, contrairement au conjoint marié. C’est une source fréquente de contentieux et de détresse financière.
- Les héritiers en désaccord sur le partage peuvent engager une procédure judiciaire dont les frais d’avocat et d’expertise dépassent largement le prix d’un testament.
- Un bien immobilier en indivision subie (faute de testament organisant la transmission) génère des frais de gestion, de sortie d’indivision et parfois de vente forcée.
Le testament est un outil de prévention des conflits successoraux, pas un luxe réservé aux patrimoines importants. Pour un concubin ou un partenaire pacsé, il constitue la seule protection juridique efficace.
Cas du petit patrimoine avec bien immobilier
Un testateur propriétaire d’un logement modeste a davantage intérêt à rédiger un testament authentique qu’un testateur disposant uniquement de liquidités. Le bien immobilier crée de l’indivision, et l’indivision crée du conflit. Le testament permet de léguer le bien à une personne précise ou d’organiser un legs avec charge (obligation d’entretien, droit d’usage au profit d’un proche).

Quotité disponible et réserve héréditaire : les limites à connaître avant de tester
Quel que soit le montant du patrimoine, le testament ne permet pas de déshériter les héritiers réservataires. Les enfants du défunt bénéficient d’une réserve héréditaire qui varie selon leur nombre : la moitié des biens pour un enfant unique, les deux tiers pour deux enfants, les trois quarts pour trois enfants ou plus. La quotité disponible est la seule fraction librement transmissible par testament.
Pour un petit patrimoine, cette contrainte réduit mécaniquement la marge de manoeuvre du testateur. Léguer l’intégralité de ses biens à une association ou à un ami proche n’est possible que si le testateur n’a ni enfant ni descendant.
Testament et donation entre époux : complémentarité
La donation au dernier vivant (donation entre époux) et le testament ne s’excluent pas. Un testateur marié avec un patrimoine limité peut combiner les deux actes pour offrir au conjoint survivant le choix le plus large possible (usufruit total, quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit, etc.). Le coût de la donation entre époux est lui aussi réglementé et reste dans le même ordre de grandeur que le testament authentique.
Le prix pour un testament chez notaire représente un investissement de l’ordre de 135 € TTC pour l’acte lui-même, auquel s’ajoutent d’éventuels frais de conseil. Rapporté aux conséquences d’une succession non préparée, même sur un patrimoine de quelques milliers d’euros, ce montant reste la dépense la plus rentable qu’un testateur puisse engager pour protéger ses proches.

